Editorial
Le développement personnel.
Le concept de développement personnel en médecine en général, et en chirurgie en particulier, est celui d’un investissement dans la construction de la personnalité, de sa personnalité.
Elle relève de l’établissement des priorités dans la gestion de la carrière, avec une programmation rationnelle des activités temporelles, en restant focus sur le but ultime fixé.
Il n’y a en effet aucun développement possible, aucune avancée notable dans une carrière, aucun épanouissement envisageable, s’il n’y a point de but à atteindre.
Fixer ce but, et rester focus, voici le préalable indispensable.
Il faudra par la suite mettre du soi, consacrer le temps, allouer les moyens, consentir le sacrifice exigé, derrière lequel reposera le graal.
Le développement personnel peut s’apparenter à la construction d’une maison, ou à l’acquisition d’un bien matériel. Quel est le standing recherché ? Est-ce une Citroën ou une Ferrari ?
L’investissement sera en adéquation avec la valeur du produit désiré.
Investissons donc au maximum pour le développement de notre personnalité, de notre stature scientifique, médicale ou universitaire. Mettons-y les moyens nécessaires, physiques, psychiques, spirituels, et matériels.
La nouvelle génération de jeunes spécialistes et de jeunes enseignants de médecine devrait prendre garde à se fixer l’objectif de la maîtrise de leurs carrières, sans effort, sans souffrance, sans sacrifice, c’est-à-dire sans investissement personnel, sans une construction personnelle planifiée et exécutée avec soin et persévérance.
L’alarme est tirée. L’absence d’engouement et d’attirance à la formation scientifique et pédagogique, le manque d’immersion dans l’univers de la communication scientifique pour les échanges et la transmission du savoir, l’absence d’intérêt à la recherche scientifique, ont pour conséquence l’incertitude dans les capacités et les compétences, qui jette un trouble profond sur l’avenir et la succession des anciens détenteurs de la science des institutions médicales
africaines.
Alors, que la jeunesse chirurgicale de la Société de Chirurgie d’Afrique Centrale s’investisse sans compter dans la construction de sa personnalité. Seul cet investissement est essentiel, car tout ce que nous pouvons construire ou acquérir par ailleurs, nous est étranger et reste périssable. Notre propre personne, construite par nos soins, nous accompagne au quotidien, et nous accompagnera jusque dans les souvenirs de ceux que nous laisserons.
Professeur François ONDO N’DONG