Nwaha Makon AS1,2, Mekeme Mekeme JB1,3, Gayma Tchivatang G1, Fouda JC1,3, Epoupa Ngalle FG1, Mbouche LO1, Fouda PJ1, Angwafo III F1.
1-Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales, Université de Yaoundé 1 (Cameroun).
2-Hôpital Laquintinie de Douala (Cameroun).
3-Hôpital Central de Yaoundé (Cameroun).
Correspondance : Dr Axel Stéphane NWAHA MAKON.
ORCID: 0000-0002-1392-8938. . Tél. +237699236640.
E-mail: [email protected]
RESUME
Introduction : le cancer de la prostate constitue aujourd’hui un véritable problème de santé publique, aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement. L’introduction du dosage du PSA dans les pratiques de dépistage a conduit à une augmentation de l’incidence et à un diagnostic plus précoce. En Afrique subsaharienne, l’accès aux différentes options thérapeutiques reste cependant limité. Au Cameroun, la prostatectomie radicale rétro-pubienne par laparoscopie apparaît comme une alternative prometteuse, bien que son utilisation demeure freinée par le retard diagnostique. L’objectif de ce travail était de faire une analyse comparative des résultats à court et moyen termes des deux voies de cette technique, notamment la voie ouverte et la voie laparoscopique.
Matériel et Méthodes : nous avons mené une étude transversale analytique, rétrospective, portant sur 34 patients opérés entre 2010 et 2024 dans les services d’urologie de l’Hôpital Central de Yaoundé et de l’Hôpital Laquintinie de Douala. Les données péri-opératoires, les résultats carcinologiques ainsi que la qualité de vie fonctionnelle étaient évalués. L’incontinence urinaire et la fonction érectile mesurées respectivement à l’aide des questionnaires validés ICIQ (International Consultation Incontinence Questionnaire) et IIEF-5 (International Index of Erectile Function).
Résultats : 34 patients avaient été inclus : 18 opérés à Yaoundé et 16 à Douala. L’âge moyen était de 66,2 ± 6 ans. Le délai médian entre le diagnostic et la chirurgie était de 3 mois. La chirurgie ouverte représentait 58,8 % des cas (n = 20) et la laparoscopie 41,2 % (n = 14). Les transfusions sanguines étaient réalisées après chirurgie ouverte dans 75 % des cas et après laparoscopie dans 25 % (p = 0,001). La durée moyenne d’hospitalisation en cas de chirurgie ouverte était de 15,8 ± 3,7 jours, et en cas de laparoscopie de 8,3 ± 2,7 jours (p < 0,001). A moyen terme, la dysfonction érectile concernait 76,5 % des patients, sans différence significative entre les deux techniques (p = 0,331). L’incontinence urinaire, le plus souvent légère (75 %), persistait sous forme sévère chez 16,7 % des patients, sans différence statistiquement significative (p = 0,152). Enfin, un traitement complémentaire avait été nécessaire, par hormonothérapie et mise en place d’un sphincter urinaire artificiel dans 23,5 % des cas chacun.
Conclusion : dans notre contexte, la prostatectomie radicale rétro-pubienne assure un contrôle carcinologique satisfaisant. Les complications péri-opératoires sont plus fréquentes après chirurgie ouverte, tandis que la laparoscopie se distingue par une récupération fonctionnelle plus rapide et un séjour hospitalier plus court. Cependant, à moyen terme, les complications fonctionnelles telles que la dysfonction érectile et l’incontinence urinaire restent fréquentes, quelle que soit la voie d’abord.
Mots clés : cancer, prostate, prostatectomie, laparoscopie.
SUMMARY
Introduction: prostate cancer has become a significant public health issue across the globe, affecting both developed and developing nations. The widespread adoption of PSA (Prostate-Specific Antigen) testing has led to more frequent and earlier diagnoses. However, in sub-Saharan Africa, treatment options remain limited. In Cameroon, laparoscopic retropubic radical prostatectomy is emerging as a promising surgical option. Unfortunately, its broader use is often limited by the late stage at which many patients are diagnosed. This study aimed to compare the short- and mid-term outcomes of open versus laparoscopic radical prostatectomy.
Materials and Methods: we carried out a retrospective analytical cross-sectional study involving 34 patients who underwent surgery between 2010 and 2024 at the urology departments of Yaoundé Central Hospital and Laquintinie Hospital in Douala. We analyzed perioperative data, cancer control outcomes, and functional quality-oflife indicators. Urinary incontinence and erectile function were assessed using standardized tools: the International Consultation on Incontinence Questionnaire (ICIQ) and the International Index of Erectile Function (IIEF-5), respectively.
Results: a total of 34 patients were included—18 from Yaoundé and 16 from Douala—with a mean age of 66.2 ± 6 years. The median time from diagnosis to surgery was three months. Open surgery was performed in 58.8% of cases (n = 20), while 41.2% (n = 14) underwent laparoscopic surgery. Blood transfusions were significantly more common with open surgery (75%) compared to laparoscopy (25%) (p = 0.001). Patients who had open surgery stayed in the hospital longer—an average of 15.8 ± 3.7 days versus 8.3 ± 2.7 days for laparoscopic patients (p < 0.001). At mid-term follow-up, 76.5% of patients experienced erectile dysfunction, with no significant difference between the two surgical approaches (p = 0.331). Urinary incontinence, mostly mild in nature (75%), persisted in some cases as severe (16.7%), again with no significant difference between techniques (p = 0.152). Additionally, 23.5% of patients required adjuvant treatments, including hormone therapy or artificial urinary sphincter implantation.
Conclusion: in our context, retropubic radical prostatectomy offers effective cancer control. While
open surgery was associated with more perioperative complications, laparoscopy provided a faster
recovery and shorter hospital stays. Nevertheless, mid-term functional outcomes—particularly erectile dysfunction and urinary incontinence—remained common, regardless of the surgical method used.
Key words: prostate cancer, prostatectomy, laparoscopy, surgical outcomes.