Dossouvi T1, Towoezim RH2, N’Timon B3, Amouzou EG4, Kanassoua K4, Kassegné I5, Dosseh ED6
1- Service de Chirurgie Générale et Digestive, Centre Hospitalier Régional de Dapaong/Togo
2- Service de Traumato-Orthopédie, Centre Hospitalier Universitaire Kara /Togo
3- Service de Radiologie, Centre Hospitalier Universitaire de Kara/Togo
4- Service de Chirurgie Générale et Digestive, Centre Hospitalier Universitaire de Kara/Togo
5- Ser vice de Chirurgie Générale et Digestive, Centre Hospitalier Régional de Kara/Togo
6- Service de Chirurgie Générale et Digestive, Centre hospitalier Sylvanus Olympio de Lomé/
Togo.
Correspondance : Dr Tamegnon DOSSOUVI
BP : 57 Dapaong-Togo
Tel : 0022893131319
E-mail : [email protected]
RESUME
Introduction : les attaques des groupes armés dans le sahel datent de plusieurs années. Cependant, à partir de 2021, ces attaques ont débordé sur le nord du Togo avec des pertes en vies humaines et des conséquences socio-économiques importantes.
L’objectif de ce travail était de décrire la prise en charge des blessés au CHR Dapaong et l’impact de ces attaques sur la population et la région des savanes.
Matériel et Méthodes : il s’agissait d’une étude transversale et descriptive à collecte rétrospective menée du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024, soit 24 mois. Avaient été inclus, tous les blessés pris en charge au CHR Dapaong. Les paramètres étudiés étaient la fréquence, l’âge, le sexe, le type de lésion, le siège de la lésion, le traitement reçu et l’évolution.
Résultats : nous avions pris en charge 72 blessés au cours de la période d’étude.Il s’agissait de 58 blessés de sexe masculin et 16 de sexe féminin, soit un sex ratio de 5. L’âge moyen était de 18 ans avec des extrêmes de 5 et 50 ans. Les cultivateurs (n=24) suivis des militaires (n=21), les élèves (n=14) et les ménagères (n=13) représentaient les différentes professions rencontrées. Toutes les victimes provenaient des localités situées à la frontière Togo-Burkina Faso. Les circonstances de survenue étaient les agressions par armes à feu dans 62 cas et par des engins explosifs dans 10 cas. Les lésions étaient des plaies des parties molles (69,5%) suivies des fractures de membres (15,3%). Les plaies des membres avaient bénéficié d’un parage et d’une cicatrisation dirigée ; les fractures des membres d’une ostéosynthèse par fixateur externe dans 9 cas. Une régularisation du moignon avait été réalisée dans 4 cas d’amputation traumatiques avec un appareillage secondairement. Une laparotomie exploratrice avait été réalisée dans 4 cas, permettant de faire une splénectomie d’hémostase dans 1 cas et une colostomie gauche dans 2 cas. Les plaies du thorax avaient nécessité des soins locaux avec une cicatrisation dirigée dans 1 cas et un drainage thoracique dans 1 cas. Nous avions noté 1 décès.
Conclusion : les traumatismes balistiques au Nord du Togo sont responsables d’une morbi-mortalité élevée et des conséquences socio-économiques importantes dans la région des savanes. Le renforcement de la sécurité dans cette région et celui de l’aide humanitaire s’imposent.
Mots clés : traumatisme, arme, blessé, morbidité.
SUMMARY
Introduction: attacks by armed groups in the Sahel date back several years. However, from 2021 these attacks have spilled over into northern Togo with significant loss of life and socio-economic consequences. The objective of this work was to describe the care of the injured at the Dapaong Regional Hospital and the impact of these attacks on the population and the savane region
Material and Methods: this was a cross-sectional and descriptive study carried out from January 1, 2023 to September 31, 2024, i.e. 21 months. All injured people treated at CHR Dapaong were included in our study. The parameters studied were: frequency, age, sex, type of lesion, site of the lesion, treatment received, evolution and socioeconomic consequences. The data collected using a survey form were entered into Word software, analyzed using the French version of SPSS software and processed using Excel and Epi Info version 7 software.
Results: we treated 72 injured people during the study period. The sample consisted of 58 male and 16 female injured people with a sex ratio of 5. The average age was 18 years with extremes of 5 years and 50 years. Farmers (n=24) followed by soldiers (n=21), students (n=14) and housewives (n=13) represented the different professions encountered. All victims came from localities located on the Togo-Burkina Faso border. The circumstances of occurrence were represented by assaults with firearms in 62 cases and by explosive devices in 10 cases. The lesions were dominated by soft tissue wounds (69.5%) followed by limb fractures (15.3%), traumatic leg amputations (5.6%), abdominal wounds (5.6%) and thoracic wounds (4.2%). The limb wounds were debrided and treated with directed healing; the limb fractures required osteosynthesis by external fixator in 9 cases and plaster immobilization with window facing the wounds in 2 cases; regularization of the stump was performed in the 4 cases of traumatic amputation with a secondarily fitted device; an exploratory laparotomy was performed in 4 cases allowing for a hemostasis splenectomy in one case and a left colostomy in two cases for left colic wound; the thorax wounds required local care with directed healing in one case and thoracic drainage in one case. We have noted one case of death.
Conclusion: attacks by armed groups in northern Togo are responsible for high morbidity and mortality and significant socio-economic consequences in the savannah region. Strengthening security in the savane region and humanitarian aid are essential.
Key words: trauma, weapon, injury, morbidity.