PRONOSTIC ET QUALITÉ DE VIE DES PATIENTS PRIS EN CHARGE DE TUMEUR INFILTRANT DE LA VESSIE PENDANT 10 ANS A YAOUNDE.

Mbouche LO1,2, Mbassi AA3,4, Eloundou NJC5, Nebeh C4, Kohpe KS4, Kamga J6, Fouda PJ2, Angwafo III FF2.

1- Unité d’urologie et d’andrologie, Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé
2- Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I
3- Service d’urologie, Hôpital Central de Yaoundé
4- Faculté des Sciences de la Santé de l’Université des Montagnes
5- Hôpital de Première Région Militaire de Yaoundé
6- Hôpital Général de Yaoundé. Cameroun

Correspondance : Dr Landry Oriole MBOUCHE
Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique Yaoundé. Cameroun.
Tel. 00237 699881526
E-mail: [email protected]

 

RESUME
Introduction : les tumeurs infiltrant de la vessie représentent 30% des cancers vésicaux. La cystectomie totale permet un contrôle local chez 90 % des malades, cependant, elle ne permet qu’une survie globale de 50 % à 5 ans. Le but de cette étude était de déterminer le pronostic et la qualité de vie des patients pris en charge pour tumeurs infiltrantes de la vessie à Yaoundé.
Patients et Méthodes : il s’est agi d’une étude rétrospective et prospective de tumeurs infiltrantes de la vessie colligées dans les services d’urologie de quatre hôpitaux de la ville de Yaoundé entre 2014-2023. Le score de qualité de vie a été évalué selon le score de « European Oganisation for Research and Treatment cancer of Cancer Quality of Life Questionnaire-Core 30 (EORTIC QLQ-C30) ».
Résultats : au total, 47 dossiers ont été colligés, 28 ont été finalement retenus selon les critères d’inclusion. L’âge moyen des malades était de 61,4 ans avec un sex ratio de 1,8. Le tabac était le facteur de risque incriminé dans 9 cas. La bilharziose était retrouvée chez 2 patients. L’hématurie était le signe clinique au moment du diagnostic retrouvé chez 78,6% des patients. Les patients ont fait l’objet de cystectomie partielle (2), cystectomie totale avec conduit iléal (3), résection trans-uréthrale de tumeur de vessie (13), de chimiothérapie (20), radiothérapie (1). L’abstention thérapeutique a été observée chez 10 patients et 12 autres ont eu une néphrostomie percutanée. Le type histologique majoritaire était le carcinome urothélial (n=24). Le carcinome épidermoïde était retrouvé chez 4 patients. Les stades pT3b et pT4a étaient décrits chez 6 patients. Le grade 3 était retrouvé dans 14 des cas. Le pronostic vital à un an était marqué par une évolution simple (n=9), récidive dans (n=1) et une progression tumorale (n=10). Le pronostic à 3 ans était marqué par une évolution simple chez 12 patients et progression tumorale chez 8 autres. A 5 ans, le pronostic était marqué par une évolution simple dans (n=16), la progression tumorale et la récidive chez 4 patients chacune. La survie globale était de 39,28%(n=11), la survie spécifique à court terme était de 75%(n=22), à moyen terme 64,7% (n=18) et à long terme 57,1% (n=16). Selon le score de l’EORTIC QLQ-C30, à l’échelle globale on avait une mauvaise qualité de vie, à l’échelle symptomatique une mauvaise qualité de vie dominée par la fatigue, nausées et vomissements ; une qualité de vie assez satisfaisante à l’échelle fonctionnelle.
Conclusion : les tumeurs infiltrantes de la vessie ont un mauvais pronostic dans leur évolution. La qualité de vie sur le plan global est de mauvaise qualité. Une prise en charge holistique, multidisciplinaire et précoce offrirait de meilleurs résultats.
Mots clés : tumeur infiltrante, vessie, pronostic, qualité de vie.

 

SUMMARY
Introduction: infiltrating bladder tumors account for 30% of bladder cancers. Total cystectomy allows local control in 90% of patients, but only allowsan overall survival rate of 50% at 5 years. The aim of this study was to determine the prognosis and quality of life of patients treated for invasive bladder tumors in Yaoundé.
Patients and Methods: this was a retrospective and prospective study of invasive bladder tumors recorded in the urology departments of four hospitals in the city of Yaoundé between 2014 and 2023. Quality of life was assessed using the European Organization for Research and Treatment of Cancer Quality of Life Questionnaire-Core 30 (EORTCQLQ-C30).
Results: a total of 47 cases were collected; 28 were ultimately included based on the inclusion criteria. The mean age of the patients was 61.4 years, with a sex ratio of 1.8. Smoking was identified as a risk factor in 9 cases. Schistosomiasis was found in 2 patients. Hematuria was the clinical sign present at the time of diagnosis in 78.6% of patients. Patients
underwent partial cystectomy (2), total cystectomy with ileal conduit (3), transurethral resection of bladder tumor (13), chemotherapy (20), and radiation therapy (1). No treatment was administered in 10 patients, and 12 others underwent percutaneous nephrostomy. The most common histological type was urothelial carcinoma (n=24). Squamous cell carcinoma was found in 4 patients. Stages pT3b and pT4a were observed in 6 patients.Grade 3 accounted for 51.9% of cases. The one-year prognosis was characterized by stable disease (n=9), recurrence (n=1), and tumor progression (n=10). The threeyear prognosis was characterized by stable disease in 12 patients and tumor progression in 8 others. At 5 years, the prognosis was stable in 16 patients, with tumor progression and recurrence in 4 patients each. Overall survival was 39.28% (n=11); short-term disease-specific survival was 75% (n=22), mediumterm 64.7% (n=18), and long-term 57.1% (n=16). According to the EORTIC QLQ-C30 score, overall quality of life was poor; on the symptom scale, quality of life was poor and dominated by fatigue, nausea, and vomiting; and quality of life was fairly satisfactory on the functional scale.
Conclusion: infiltrating bladder tumors have a poor prognosis. Overall quality of life is poor. Holistic, multidisciplinary, and early treatment would offer better results.
Key words : infiltrating tumor, bladder, prognosis, quality of life.