Miloundja J1,2, Ze Nguema DH1, Lekassa P1,2, Essonkong Nzamba C3, Manfoumbi Ngoma AB1.
1-Service d’ORL et Chirurgie cervico faciale, Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba Libreville (Gabon).
2- Département de chirurgie et spécialités chirurgicales, universté des sciences de la santé, Owendo (Gabon)
3- Service ORL et de chirurgie cervico faciale, CHU d’Owendo (Gabon).
Correspondance : Pr Ag. Jérôme MILOUNDJA
BP 20404, Libreville, Gabon. Tel : 00241 077597393
E-mail : [email protected]
RESUME
Introduction : le goitre plongeant par son extension thoracique lui confère une gravité particulière liée à la compression d’organes de voisinage et aux difficultés de l’exérèse chirurgicale . L’objectif de cette étude était de décrire les particularités diagnostiques et chirurgicales des goitres plongeants dans notre pratique.
Matériel et Méthodes : il s’agissait d’une étude rétrospective et descriptive réalisée, de 2006 à 2020, au service d’ORL de l’HIAOBO, à partir des dossiers des patients dont les données diagnostiques et opératoires concluaient à un goitre plongeant. Le recul était de 2 ans.
Résultats : l’étude comprenait 76 cas. L’âge moyen était de 44,6 ans avec un sex-ratio de 0,3. Les circonstances de découverte étaient une tuméfaction cervicale antérieure (79%), une dyspnée asthmatiforme (2,6 %) et fortuites (18,4 %). Les signes fonctionnels retrouvés étaient la dysphonie dans 5 cas, la dysphagie dans 5 cas, les signes de dysthyroïdie dans 3 cas, la dyspnée aux deux temps dans 2 cas, la toux dans 1 cas et la gène pharyngé dans 1 cas. L’examen physique notait un comblement sus sternal (44,7%) et sus claviculaire (51,3%). La radiographie cervico-thoracique réalisée chez tous les patients montrait une déviation trachéale isolée chez 26 patients, un élargissement du médiastin avec déviation trachéale chez 3 patients, un élargissement du médiastin avec retrécissement trachéal et oesophagien dans chez 5 patients et des calcifications médiastinales chez 1 patient. L’échographie réalisée chez 67 patients montrait un goitre isthmo-lobaire (34,3%), un goitre multi nodulaire (47,7%). Le caractère plongeant du goitre était suspecté à l’echographie dans 16 cas. Le scanner cervico thoracique réalisé dans 18 cas montrait un prolongement thoracique dont 6 cas à droite, 4 cas à gauche, 5 cas bilatéraux et 3 cas medians. Ces prolongements étaient tous pré-vasculaires. Le traitement était chirurgical par cervicotomie. La section des muscles sous hyroïdiens était necessaire dans 13 cas. Les gestes chirurgicaux sur la thyroide étaient une thyroïdectomie subtotale (34,2%), une lobo-isthmectomie (28,9%), une thyroïdectomie totale (26,3%) et une totalisation (10,5%). L’extraction de la portion thoracique était faite par énucléation au doigt. Le résultat histologique chez 66 patients retrouvait un goitre bénin (94%), malin (4,5%) et une maladie de Basdow (1,5%). En postopératoire, il y avait un hématome compressif dans 1 cas, une paralysie recurentielle dans 6 cas dont 2 définitives et 4 transitoires, et un décès dans 1 cas soit une mortalité de 1,3%.
Conclusion : les goitres plongeants sont fréquents et responsables de complications pouvant mettre en jeu le pronostic vital. L’examen clinique minutieux et paraclinique permettent de faire le diagnostic. L’exérèse chirurgicale souvent par voie cervicale necessite des manoeuvres d’extraction particulières.
Mots clés : goitre plongeant, tuméfaction du cou, dysphonie, tomodensitométrie, cervicotomie.