Mougougou A1, Essola L2, Ndang Ngou Milama S1, Ngomas JF2, Papalebama P1, Mbethé D1, Bissiriou I1, Angué Obiang M1, Didja DB1, Massandé Mouyendi J1.
1-Service d’Urologie, Centre Hospitalier Universitaire de Libreville-Gabon.
2-Service d’Anesthésie-Réanimation, Centre Hospitalier Universitaire de Libreville-Gabon.
Correspondance : Dr Adrien MOUGOUGOU
BP : 16237 Libreville Gabon
Tél : (00241) 074893973 / E-mail : [email protected]
RESUME
Introduction : la gangrène des organes génitaux externes (OGE) est une dermo-hypodermite aiguë avec cellulite nécrosante primitive ou secondaire des parties molles de l’aire génitale. Elle est secondaire à une cause locorégionale dans 95% des cas. C’est une urgence absolue qui impose une prise en charge thérapeutique rapide, complète et multidisciplinaire
en raison de sa gravité.
Patients et Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 41 cas de gangrènes des OGE traitées dans le service d’urologie du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville de Janvier 2013 à Novembre 2019. Les aspects épidémiologiques, diagnostiques et thérapeutiques ont été analysés.
Résultats : tous les 41 patients étaient de sexe masculin. L’âge moyen était de 46,9 ±15,2 ans avec des extrêmes de 10 mois et 73 ans. Le délai moyen de consultation était de 9,1 jours. La porte d’entrée était cutanée dans 70,7% des cas. Les lésions étaient scrotales et péno-scroto- périnéales dans respectivement 29,3% et 17,1% des cas. Une nécrose tissulaire étendue à l’abdomen avec ou sans crépitation gazeuse était observée dans 14,6% des cas. L’examen bactériologique réalisé dans 80,5% des cas retrouvait un à trois germes chez 63,6% de ces patients. Les germes les plus fréquemment retrouvés chez ces patients étaient le Staphylocoque doré et l’Eschérichia coli dans respectivement 47,6% et 33,3% des cas.
Le traitement reposait sur une triple antibiothérapie associée à une excision large des tissus nécrotiques sous anesthésie générale ou locorégionale. La durée moyenne d’hospitalisation était de 27,8 jours. Nous avons noté 2 décès soit 4,9% des cas. Une reconstruction plastique a été réalisée chez 14,6% des patients.
Conclusion : La gangrène des OGE est une affection grave. Le taux de mortalité de 4,9% est élevé. Une prise en charge médico-chirurgicale précoce permet d’améliorer le pronostic vital.
Mots clés : gangrène, organe génital externe, diagnostic, traitement.