Savom EP1,2, Biwole Biwole DP2,3, Atangana CP2, Ekani Boukar MY4, Mbele RI2, Fola Kopong O2, Bang GA2,5.
1- Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé, Cameroun
2- Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, Cameroun
3- Hôpital Central de Yaoundé, Cameroun
4- Faculty of Health Sciences, Buea, Cameroun
5- Hôpital Général de Yaoundé, Cameroun
Correspondance : Dr Eric Patrick SAVOM
CHU de Yaoundé, Cameroun ;
Tél : (+237) 690 583 476, E-mail : [email protected].
RESUME
Introduction : la qualité de l’exérèse chirurgicale oncologique dépend des marges de résection et du curage ganglionnaire. Le but de ce travail était d’évaluer la qualité de l’exérèse chirurgicale au cours des gastrectomies à visée curative pour cancer dans la ville de Yaoundé.
Patients et Méthodes : nous avions mené une étude transversale analytique avec collecte prospective des données dans 4 hôpitaux de référence de la ville de Yaoundé sur une période de 18 mois. Les patients opérés à visée curative pour cancer de l’estomac ou de la jonction oesogastrique type III de Siewert étaient inclus. La résection R0, le curage ganglionnaire de type D2 selon la Japanese Gastric Cancer Association (JGCA) et le curage de type D2 selon l’Union International for Cancer Control (UICC) définissaient les critères de bonne exérèse chirurgicale.
Résultats : nous avions colligé 31 patients d’un âge moyen de 58,6 ± 14,5 ans. Leur sex ratio était de 0,72. La localisation antrale représentait 24 cas (77,4%). Toutes les gastrectomies avaient été réalisées par 5 chirurgiens généraux, soit un volume annuel de 4,4 gastrectomies par praticien. La gastrectomie était distale dans 77,4% des cas et une préservation de l’épiploon avait concerné 54,8% des patients. Trois (3) patients avaient eu une résection R0, un curage de type D2 ou plus selon la JGCA et un curage de type D2 selon l’UICC, soit un taux d’exérèse chirurgicale de bonne qualité de 9,7%. Six (06) patients (19,4%) avaient eu une résection R1. Le nombre moyen de ganglions prélevés était de 12,32 ganglions, avec moins de 15 ganglions prélevés dans 54,8% des cas. Un curage de type D1 selon la JGCA avait été réalisé chez 87,1% des patients. Seule l’extension pariétale (pT4b) influençait le curage de type D2 selon l’UICC (p = 0,04).
Conclusion : le taux d’exérèse de bonne qualité dans les gastrectomies à visée curative pour cancer gastrique est faible à Yaoundé, probablement dû à un manque de qualification et un volume chirurgical faible chez les praticiens.
Mots clés : cancer, gastrectomie, marge de résection, curage ganglionnaire, qualité de l’exérèse.